Emilie Senez, ostéopathe D.O. · Publié le 21 octobre 2026 · Mis à jour le 21 octobre 2026
En bref
La douleur est un signal de protection fabriqué par le cerveau. Elle est toujours réelle, mais elle ne reflète pas toujours l’état des tissus : on peut avoir très mal sans être abîmé, et à l’inverse avoir des « usures » sur une IRM sans aucune douleur. Le sommeil, le stress, la fatigue, les inquiétudes ou les expériences passées peuvent rendre ce signal plus sensible. Bonne nouvelle : comprendre comment fonctionne la douleur, rester actif et reprendre confiance dans son corps aident à aller mieux.
L’Association internationale pour l’étude de la douleur la définit comme une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable, associée ou ressemblant à une lésion des tissus (Raja et al., 2020). Elle précise que la douleur est toujours personnelle, influencée par des facteurs biologiques, psychologiques et sociaux, et qu’elle doit toujours être respectée.
Autrement dit : votre douleur est réelle, même quand les examens ne montrent rien de grave.
Non. Imaginez une alarme de maison : elle sert à vous protéger. Parfois, elle se déclenche pour un vrai cambriolage. Parfois, elle devient trop sensible et sonne au moindre courant d’air.
La douleur fonctionne un peu de la même façon. Au début d’une blessure, elle protège la zone le temps qu’elle cicatrise. Quand la douleur dure, l’alarme peut rester trop sensible alors que les tissus ont eu le temps de guérir. Le système nerveux s’est en quelque sorte « habitué » à protéger.
Les examens d’imagerie montrent souvent des signes d’usure, comme des disques « abîmés » ou « bombés ». Ces images sont pourtant très fréquentes chez des personnes qui n’ont aucune douleur : on retrouve une usure des disques chez environ 37 % des personnes sans mal de dos à 20 ans, et chez 96 % à 80 ans (Brinjikji et al., 2015). Ces images font souvent partie du vieillissement normal, comme les cheveux blancs ou les rides.
C’est pour cela que les médecins ne demandent pas systématiquement d’examen pour un mal de dos, et que les résultats doivent toujours être interprétés avec l’examen clinique.
Beaucoup de choses peuvent rendre l’alarme plus sensible :
À l’inverse, se sentir en sécurité, bien dormir, bouger, être entouré et comprendre ce qui se passe aident à calmer le système.
Mon objectif n’est pas que vous dépendiez des séances, mais que vous repartiez avec des clés pour avancer. Grâce à l’application Andrew, je peux aussi vous partager des conseils et des vidéos d’éducation thérapeutique.
Questions fréquentes
Non. Votre douleur est réelle. Elle est produite par le système nerveux, qui fait partie du corps. Ne rien voir de grave sur un examen est plutôt une bonne nouvelle.
Pas forcément. Une douleur modérée pendant l’activité est souvent acceptable, si elle ne s’aggrave pas le lendemain. On adapte et on progresse doucement.
Oui. Le système nerveux peut changer à tout âge. Cela demande souvent du temps, de la régularité et un accompagnement adapté.
Cet article informe, il ne remplace pas une consultation médicale.
Emilie Senez
OSTÉOPATHE D.O.
Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.