Emilie Senez, ostéopathe D.O. · Publié le 18 octobre 2026 · Mis à jour le 18 octobre 2026
En bref
Une tendinopathie, c’est un tendon devenu douloureux parce qu’il a reçu plus de charge qu’il ne pouvait en supporter. Le repos complet n’est en général pas la bonne solution : il vaut mieux adapter temporairement vos activités pour soulager, puis réaugmenter la charge progressivement, souvent avec des exercices guidés par un kinésithérapeute. Comptez plusieurs semaines, parfois quelques mois. Et si la douleur est apparue brutalement avec un claquement, consultez rapidement un médecin.
Les tendons relient les muscles aux os. Ils transmettent la force à chaque pas, chaque saut, chaque geste du bras. Quand un tendon est sollicité plus qu’il ne peut s’y adapter, il peut devenir douloureux : on parle de tendinopathie. Les plus fréquentes touchent le tendon d’Achille, le tendon rotulien (juste sous la rotule) et les tendons de l’épaule, mais le coude ou la hanche peuvent aussi être concernés.
On entend souvent parler de « tendinite ». Ce mot laisse penser que l’inflammation est le problème principal. Les recherches montrent plutôt un tendon qui n’arrive plus à s’adapter à la charge qu’on lui demande, avec des modifications de sa structure (Cook et Purdam, 2009). C’est pour cela qu’on parle aujourd’hui de tendinopathie, et que la prise en charge repose surtout sur la gestion de la charge.
Ces signes évoluent souvent par vagues, selon ce que vous avez fait les jours précédents.
Le plus souvent, la charge a augmenté trop vite pour le tendon : reprise du sport après une pause, nouveau programme d’entraînement, changement de chaussures ou de terrain, journée de jardinage, bébé porté toute la journée… Le tendon sait s’adapter, mais il le fait lentement.
D’autres éléments comptent aussi : le manque de sommeil, le stress, l’âge, certaines maladies comme le diabète, ou certains médicaments, notamment une famille d’antibiotiques (les fluoroquinolones). Comme souvent avec la douleur, il y a rarement une seule cause.
Les études montrent que le renforcement progressif du tendon est au cœur de la prise en charge. Quelques exemples, pour comprendre le principe :
Ces exercices doivent être dosés et ajustés à chaque situation. Le programme se construit avec un kinésithérapeute, qui le fait évoluer au fil des semaines.
Un tendon s’adapte lentement. Il faut souvent compter plusieurs semaines, souvent autour de trois mois, pour une nette amélioration, et parfois davantage quand la douleur est installée depuis longtemps. Les progrès se font rarement en ligne droite : des journées moins bonnes sont normales, surtout après une activité plus intense. Ce n’est pas un retour en arrière.
Quelques repères généraux : la douleur reste modérée pendant et après l’effort, elle n’augmente pas le lendemain, et les gestes du quotidien ne font plus mal. La reprise se fait ensuite de façon progressive. Elle se décide avec votre kinésithérapeute ou votre médecin, qui connaissent votre situation.
Pas de promesse miracle : l’objectif est de vous aider à comprendre ce qui se passe, à être soulagé et à savoir vers qui vous tourner.
Questions fréquentes
Rarement. Il vaut mieux adapter votre activité pour qu’elle reste supportable, plutôt que tout arrêter : un tendon au repos complet perd aussi de sa capacité.
Pas systématiquement. Le diagnostic repose surtout sur l’examen. Une imagerie peut être utile en cas de doute, sur décision de votre médecin. Les images ne correspondent d’ailleurs pas toujours à l’intensité de la douleur.
Ils peuvent soulager à court terme, mais n’aident pas le tendon à mieux supporter la charge. Demandez l’avis de votre médecin ou de votre pharmacien.
Ce n’est pas indispensable. Des étirements appuyés peuvent même être mal tolérés par certains tendons, en particulier au niveau du talon. Votre kinésithérapeute vous guidera.
Ils peuvent soulager ponctuellement certaines personnes, mais ne remplacent pas l’adaptation de la charge et le renforcement progressif.
Cet article informe, il ne remplace pas une consultation médicale.
Emilie Senez
OSTÉOPATHE D.O.
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