Emilie Senez, ostéopathe D.O. · Publié le 21 octobre 2026 · Mis à jour le 21 octobre 2026
En bref
Une tête qui s’aplatit d’un côté ou à l’arrière est très fréquente chez les bébés de quelques mois. Les médecins parlent de déformation crânienne positionnelle. Elle est de bon pronostic et n’a pas de lien démontré avec un retard de développement (HAS, 2020). La clé, c’est de laisser bébé bouger librement : temps sur le ventre quand il est éveillé, portage, tapis au sol, et le moins possible de transat ou de coque. Pour dormir, bébé est toujours couché sur le dos. Si sa tête tourne difficilement d’un côté, le kinésithérapeute est le professionnel à voir en priorité.
À la naissance, le crâne du bébé est très malléable. C’est ce qui permet l’accouchement, mais c’est aussi ce qui le rend sensible aux appuis répétés toujours sur la même zone. Contrairement à une malformation des os du crâne (la craniosténose, rare, où les os se soudent trop tôt), aucune suture n’est soudée : la tête se déforme simplement sous l’effet de la position.
En regardant la tête de bébé par le dessus, on distingue trois formes (HAS, 2020) :
Ces formes peuvent se combiner. Le diagnostic repose sur l’examen : une radio ou un scanner sont rarement nécessaires.
C’est très fréquent : une étude canadienne a observé un aplatissement chez près d’un bébé sur deux vers 2 à 3 mois, le plus souvent léger (Mawji et al., 2013).
Et c’est rassurant : selon la Haute Autorité de santé, aucune donnée ne permet de conclure à un lien entre ces déformations et un retard de développement, ou des troubles de la vue ou de l’équilibre (HAS, 2020). Dans les formes marquées et non prises en charge, la forme de la tête peut garder une asymétrie visible, et plus rarement un décalage de la mâchoire.
Le principal facteur est le manque de mouvements libres et spontanés du bébé, soit parce qu’il bouge peu par lui-même, soit parce qu’il est souvent maintenu dans la même position (HAS, 2020). Les autres facteurs connus :
Ces gestes simples sont la première étape, et souvent la seule nécessaire (HAS, 2020).
C’est souvent le signe d’un torticolis. On en distingue deux formes (HAS, 2020) :
Dans les deux cas, parlez-en à votre médecin : la HAS recommande d’orienter ces bébés vers un kinésithérapeute à orientation pédiatrique, le plus tôt possible. Plus la prise en charge commence tôt (idéalement dans le premier mois), meilleurs sont les résultats. La mobilité du cou s’améliore en général avant la forme de la tête.
Plusieurs études récentes donnent des résultats encourageants :
Ces études restent peu nombreuses et portent sur de petits groupes : elles ne permettent pas encore de conclusions définitives. La HAS place l’ostéopathie à orientation pédiatrique en complément de la kinésithérapie, dans le cadre d’un suivi à plusieurs professionnels (HAS, 2020). C’est ainsi que je travaille.
Concrètement, au cabinet, je peux :
Je ne promets pas de résultat, mais je prends le temps de vous écouter et de vous donner des repères. Un parent est toujours présent pendant la séance.
En France, le casque (orthèse crânienne) est exceptionnel. Si la tête ne s’améliore pas malgré une prise en charge bien conduite, votre médecin peut vous orienter, vers la fin des six premiers mois, vers un centre spécialisé dans les malformations du crâne et du visage (filière Tête Cou, tete-cou.fr). Seules ces équipes peuvent poser l’indication d’un casque (HAS, 2020). Une étude néerlandaise a d’ailleurs montré qu’à 2 ans, chez des bébés avec une déformation modérée à sévère, le casque ne donnait pas de meilleurs résultats que l’évolution naturelle, avec des effets secondaires fréquents (van Wijk et al., 2014).
En urgence (15, ou 112 depuis un portable) : fontanelle bombée avec fièvre, bébé mou, difficile à réveiller, ou qui vomit de façon répétée.
Questions fréquentes
Non. Pour dormir, la seule position recommandée est sur le dos : sur le côté, bébé risque de basculer sur le ventre. On varie les positions pendant les temps d’éveil, sous surveillance.
Non. La HAS les considère comme inutiles et dangereux : ils limitent les mouvements de bébé et augmentent le risque d’étouffement.
C’est fréquent au début. Commencez par de courts moments sur votre poitrine ou vos genoux, en lui parlant, et augmentez petit à petit. Le portage physiologique est aussi une belle alternative : dans vos bras ou en écharpe, bébé n’a aucun appui sur l’arrière de la tête et il sollicite les muscles de son cou. Veillez à ce que son visage reste toujours dégagé, son dos arrondi et son bassin enroulé, et alternez les côtés (HAS, 2020).
Rarement. L’examen par le médecin suffit en général pour faire la différence entre une tête plate positionnelle et une craniosténose.
Le plus souvent, elle s’améliore nettement, surtout quand on agit tôt, pendant les six premiers mois, et quand bébé commence à bouger. Un léger aplatissement peut persister, en général sans gêne et caché par les cheveux.
Cet article informe, il ne remplace pas une consultation médicale.
Emilie Senez
OSTÉOPATHE D.O.
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